Inspiration

Colette combattait la page blanche en utilisant du papier bleu, Edmonde Charles-roux portait des grosses chaussettes en laine, toujours du même modèle, avant de se mettre au travail, Camille Laurens démarre toujours ses romans par la fin.

Chaque auteur a ses  manies pour écrire mieux, pour défier la panne d’inspiration. Pour ma part, tout commence par une idée qui arrive toute seule, comme le ferait un visiteur qui ne s’est pas annoncé.  Alors, je m’empresse d’accueillir ce visiteur qui est venu me raconter une histoire. J’écris les idées, les sentiments, les personnages, etc. Tout ce qui est possible de saisir, dans cet instant fertile et fugace d’inspiration et de créativité.

Ensuite, je développerai, je trierai, j’ordonnerai mes idées. Et puis j’écrirai. Chapitre après chapitre, l’histoire défilera sous mes doigts abandonnés au clavier noir de mon ordinateur.

Alors, je serai ailleurs. Inutile de me demander si j’ai faim ou quelle heure il est. Je fondrai dans une autre dimension qui me tiendra, parfois excitée, dans une histoire qui deviendra réelle et vibrante.

Et puis, quand j’aurai fini, des semaines, des mois plus tard, ou que j’estimerai que cela tient debout, j’oublierai mon texte. Partagé, il ne m’appartiendra plus. D’ailleurs, je ne m’en souviendrai plus. L’instant magique qui me l’aura fait écrire ne sera plus.

Dans les périodes « sans roman », sans projet, je fais mes gammes tous les jours. A l’écoute de la vie, j’écris. L’écriture est un exercice cérébral qui va chercher les mots, les émotions, les idées et les met en clarté, et même, en beauté. « Écrire, c’est peindre des mots » disait Ben (Benjamin Vautier). L’inspiration est un entrainement, un travail, le talent vient après.

Michelle Demarigny

Ma vie O’ top

Pour faire de votre vie une œuvre d’art.